“Le marché se régule par des mécanismes pas par la Charia, Mr Rezig” : Découvrez l’incroyable mercuriale du 1er Ramadan de la “Nouvelle Algérie”…

Largué par les systèmes de régulation du Marché, jamais évoqués dans les longs discours populistes, le gouvernement Djerad a opté pour une gouvernance à coup de discours religieux allant jusqu’à appeler via le ministre des Affaires Religieuses, les commerçants « à se conformer à la Charia et aux valeurs de l’islam dans leurs transactions ».

Une invitation intéressante, sauf que le commerçant est d’abord un commerçant qui fait son métier de commerçant… Accessoirement, il peut être croyant, faire le croyant, ou pas croyant du tout !

Résultat : Si les membres du gouvernement, parmi lesquels le ministre du commerce Kamel Rezig et ses 800.000 DA (4000 euros) de salaire, sont épargnés, pour le reste de la population algérienne payée sur la base d’un SMIG de 100 Euros( un des plus bas salaire de la région Mena), ce Ramadan de la « Nouvelle Algérie » est selon la presse, le plus cher depuis 40 ans !

Gouvernement aux abonnés absents…

Dans son édition d’hier samedi 17 avril, le site TSA indique que la flambée des prix enregistrée en Algérie depuis le début du mois de Ramadhan touche particulièrement les produits alimentaires, notamment les fruits et légumes et les viandes.

Des augmentations qui compliquent davantage une situation difficile faite de pénuries et de tensions sur plusieurs produits, comme l’huile de table, quasiment introuvable dans les magasins, le lait subventionné, non disponible en quantités suffisantes, la sardine, hors de portée depuis plusieurs mois… Le tout, devant le silence incompréhensible des autorités.

Au cinquième jour du mois sacré, les prix des produits les plus demandés ont explosé. C’est le cas notamment de la pomme de terre, aliment de base des ménages algériens, qui a atteint dans certains marchés du pays la barre des 100 Da, de la tomate qui s’échange au prix record de 180 dinars ou encore de la viande de poulet qui a de nouveau atteint les 450 Da le kilogramme. Les viandes rouges sont encore plus inaccessibles à 1500/1800 Da le Kg, soit 9 % du salaire minimum garanti qui est de 20.000 DA (100€).

Que se passe-t-il ? Celui qui est censé répondre à ces interrogations, le gouvernement, se mure dans le silence. Le premier ministre s’est envolé vendredi à Brazzaville pour assister à la cérémonie d’investiture du président congolais, Denis Sassou Nguesso, suite à sa réélection. Abdelaziz Djerad ne s’est jamais immiscé dans la problématique de la régulation des prix et de la lutte contre la spéculation sur les produits de consommation.

Kamel Rezig, entre la théorie religieuse et la réalité du terrain

L’absence sur la scène de Kamel Rezig, ministre du Commerce, est particulièrement remarquée. Actif pendant toute l’année, multipliant les sorties médiatisées sur le terrain et les réunions avec les responsables locaux, il a paradoxalement déserté le terrain dans cette conjoncture de grave crise qui relève directement de sa responsabilité.

Kamel Rezig n’a pas cessé ces dernières semaines de promettre, à coup de formules populistes et empruntées à la religion, un ramadan calme sans tensions ni hausse des prix.

Le 25 mars dernier, il a assuré dans un entretien à l’APS qu’afin de parer à tout imprévu, l’État était disposé à intervenir pour assurer la disponibilité des produits alimentaires de large consommation (viandes, huile, céréales, légumes, etc.) en recourant à l’importation. Moins d’un mois après, on ne peut pas dire que Rezig a tenu sa promesse, même si l’importation de viandes fraîches a été autorisée exceptionnellement.

Il faut dire que le ministre du Commerce n’a pas été épargné par les critiques ces dernières semaines. On lui a par exemple reproché d’avoir provoqué la crise d’huile de table en voulant imposer brusquement la généralisation de la facturation aux grossistes et distributeurs.

Il a été aussi raillé lorsqu’il a annoncé la tenue de soldes pendant le Ramadan, une promesse d’ailleurs jamais tenue, car irréalisable dans un contexte de forte demande sur les produits de consommation et les vêtements pour enfants en prévision de l’Aïd-el-fitr.

En pleine crise d’huile de table et alors que les prix de certains produits avaient déjà atteint des cimes, Kamel Rezig avait annoncé un projet de loi pour imposer l’arabisation des enseignes des locaux commerciaux. Beaucoup de voix n’ont pas manqué de le soupçonner de populisme et de vouloir détourner le débat des questions essentielles.

Pour remonter plus loin, le ministre du Commerce a dès son entrée en fonction, en janvier 2020, promis monts et merveilles, mais il n’a pas toujours concrétisé ses promesses, comme celles de mettre fin à la crise du lait subventionné, de ramener le prix de la viande à 800 Da, de réguler définitivement le marché…

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Résultat des courses, on sait juste qu’il fait ses prières à l’heure, puisqu’il le dit souvent, sinon, ce Ramadan est selon plusieurs observateurs, celui qui enregistré la mercuriale la plus brulante de ses 40 dernières années !


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