“Badissia-Novembria” : Un Historien parle des mensonges criminels de Taleb Ibrahimi !

Des pays arabo-musulmans normalisent avec Israël, d’autres comme le Soudan incluent la laicité dans leurs constitutions, des voix en orient appellent à la dissolution de le ligue arabe pour créer la Ligue du Moyen Orient…

La nouvelle destinée que veulent se dessiner les pays du Moyen Orient (les vrais arabes et leurs alliés naturels) nous ramène à se questionner sur la destruction des repères de la nation et de la population algérienne, que beaucoup considèrent irrécupérable, commise par les idéologues Arabophiles du FLN…

Un slogan a fait son apparition lors des marches du mouvement populaire de 2019 : «Badissia-Novembria». Un slogan devenu, depuis, une doctrine que tout un pan de Régime Algérien a depuis adopté.

Rabah Lounici, Chercheur en histoire, répondait dans une interview accordée à El Watan le 20 juin 2019, sur cette nouvelle et énième écriture de l’histoire de ce pays. Dont voici la synthèse :

A quand remonte cette expression et qui en sont les promoteurs ?

Rabah Lounici : Le slogan «Badissia» fait référence aux disciples de Ben Badis, premier président de l’Association des oulémas musulmans algériens (AOMA)… Les promoteurs de ce slogan ont une méthode : mettre à profit l’ascendant qu’a pu avoir Ben Badis, grâce à l’école algérienne qui en a fait un homme sacré.

Ces gens trouvent-ils des adeptes dans la société ?

Rabah Lounici : Nous constatons que ce slogan commence à disparaître après que nous ayons démontré qui sont ses promoteurs et le rôle controversé de l’Association des oulémas dont ils se réclament. Désormais, les adeptes du diptyque se sont contentés de la deuxième partie «Novembria».

Le slogan est en fait une manière de faire revenir le pays vers la pensée unique subie sous le règne de Boumediène. Ces gens ne pouvaient pas se suffire du mot «Badissia» en référence aux fondateurs de l’association et son vers «Chaabou el djazaïri mouslimoun…», utilisé par les «ouroubioun» comme parole sacrée et pour exclure la dimension amazighe du pays. Ils se sont appropriés le mot «Novembre» mais au fond, le projet est «badissien», concentré sur l’identité algérienne telle qu’ils la conçoivent.

« Le Slogan du Régime qui plait aux Islamistes et Baathistes... »

Rabah Lounici : A les entendre, on est tenté d’accréditer l’idée saugrenue que les Algériens se sont révoltés pour… revenir en arrière ! Certes le slogan a été lancé par des éléments du régime, mais il a vite été adopté par une partie des islamistes et des baathiste.

L’Algérie en troisième position après « l’Islam et l’Arabité » !

Rabah Lounici : Je veux juste rajouter que chez les adeptes de Ben Badis, «El Watan» (nation) vient en troisième position après l’islam et l’arabe, comme cela s’exprime dans le triptyque : «L’islam est ma religion, l’arabe ma langue et l’Algérie mon pays.» Nous constatons que les adeptes de cette positon lient le pays à l’arabité, d’où l’accusation portée à leurs adversaires qualifiés de «hizb frança».

D’ailleurs, durant la guerre de libération, les Oulémas étaient pour l’assimilation, c’est-à-dire ils prônaient le rattachement à la France et l’égalité entre les Européens et les musulmans, tout en gardant, insistent-ils, la personnalité islamique. Ils mettaient ainsi, en avant l’arabe et la religion aux dépens de la nation.

Taleb Ibrahimi, le grand architecte de la falsification de l’Histoire algérienne…

Rabah Lounici : Ahmed Taleb Ibrahimi, devenu ministre de l’Education sous Boumediène, a placé beaucoup des membres de l’association dans son administration. L’enseignement de l’histoire a été falsifié au point où les élèves considèrent à tort que les initiateurs de la Guerre de Libération sont Ben Badis et Bachir Ibrahimi…

Cette falsification a produit une génération qui sacralise Ben Badis et ne connaît rien ou presque des révolutionnaires authentiques et des pères du nationalisme algérien que sont Messali et Amar Imache. C’est pour rétablir la vérité, comme il le dit en introduction de son livre que Benyoucef Benkhedda a écrit : Les origines du 1er novembre 1954 – éd. Dahlab, Alger. Ce sont ces mêmes graves entorses à la vérité historique qui ont incité Boudiaf à déclarer, dès son retour en Algérie en 1992, que les «Oulémas n’ont pas participé à la guerre».

El Watan le 20 juin 2019


Le Rappel :

Dans une intervention télévisée datée de 2016, l’écrivain et journaliste algérien H’mida Ayachi lisait à l’antenne des passages du journal « Al Sunnah » appartenant à l’Association des ulama musulmans algériens sur qui fondent leur doctrine les « BADISSI-NOVAMBARI ».

Le journaliste dit, entre autres, qu’à longueur d’articles, ce journal n’a de cesse de faire l’éloge de la colonisation française. Pour cette association, l’assimilation des algériens à la France née du fait que la France accorde les deux principaux éléments existentiels qui constituent l’essence de l’Algérien : L’Islam et l’Arabité. Ainsi pour cet honneur qu’offre la France aux algériens, ces derniers se doivent de lui être redevables, de se fondre en elle, de mourir pour elle.

Dans une tribune signée par Ibnou Badis grand Cheikh de cette association, datée du 17 avril 1933, ce dernier revient longuement sur les bienfaits de la France. On peut y lire entre autres :

« Nous ne sommes pas les ennemis de la France. Et nous ne travaillons pas contre son intérêt. Mais nous l’aidons à éduquer le peuple et à émanciper la Ouma ».


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