“L’arabisation de l’École en Algérie est responsable du sous-développement et du terrorisme des années 90” (Étude)

L’arabisation forcée et généralisée du système d’enseignement fut l’un des faits marquants des 60 ans de l’indépendance de l’Algérie. Cette décision a changé radicalement le visage de l’Algérie en produisant un impact considérable sur le sort de plusieurs générations d’algériens.

Dans son édition du 3 août, le site Algérie Part rapporte une étude particulièrement pertinente sur le sujet et qui tente de répondre à la question : « l’arabisation a-t-elle permis à l’Algérie de se développer et de progresser ? »

A cette interrogation, le site fait, en effet, intervenir un travail élaboré par l’Académie de Géopolitique de Paris. Ce prestigieux établissement privé d’enseignement supérieur et de recherche, a tenté de répondre à cette question en lui consacrant tout un chapitre dans sa publication spéciale exclusivement dédiée au bilan des 60 ans de l’Indépendance de l’Algérie. Et dans cette publication, de nombreux experts, observateurs et connaisseurs avertis de l’Algérie ont planché sur les acquis et les réalisations de l’Algérie durant ces 60 années d’Indépendance. 

« L’école est devenue un enjeu de pouvoir dans la société algérienne », a fait remarquer d’emblée l’Académie de Géopolitique de Paris qui s’est longuement interrogé sur les conséquences et la portée de l’arabisation de l’école algérienne : « La majorité des Algériens parlant le dialectal ou le berbère » alors que l’école algérienne enseigne la langue arabe classique et académique, note encore cette publication spécialisée qui souligne un « décalage croissant entre le système éducatif et la société pour laquelle il est destiné ».

Ce décalage a produit des effets très néfastes sur le processus de développement du pays. La même publication cite plusieurs experts, chercheurs et intellectuels qui mettent en cause le rôle du système éducatif algérien dans les multiples retards de développement économique du pays. « Le système éducatif algérien et la déperdition scolaire sont responsables du taux de chômage élevé dont souffre la jeunesse de 15 à 24 ans (passant de 12,3 % en 2017 à 21,5 % en janvier 2021 selon la Banque Mondiale) », souligne ainsi à ce sujet Guy Jourdain qui avait exercé au cours des années 1960/61 la responsabilité de chef du bureau ‘Instruction’ du Service de Formation des Jeunes à Alger.

Cet expert a établi également un lien direct entre l’arabisation généralisée de l’enseignement en Algérie et « le taux d’abandon scolaire est très élevé, en particulier dans l’enseignement secondaire (9,6 % en 2017 selon la Banque Mondiale) », a-t-il noté, rappelant que « l’UNICEF s’inquiète du nombre de redoublants particulièrement parmi les élèves appartenant au milieu défavorisé ».

Le même auteur a également expliqué que la France avait fourni de nombreux efforts pour convaincre l’Algérie de préserver un système d’enseignement occidental et francophone. Il cite, à ce titre, les chiffres et faits révélés par le célèbre historien Benjamin Stora dans son livre « Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance 1962-1968 » où il est indiqué que 11 000 instituteurs français viendront après l’Indépendance du pays, au fil des ans apporter leur aide mais sans pouvoir ralentir l’arabisation décidée par les autorités algériennes.

« Il est à craindre que la suppression du bilinguisme ait une conséquence fâcheuse sur le niveau de l’enseignement dispensé ; sur les possibilités d’émigration, d’intégration et d’études en pays francophones (France et Canada en particulier) et sur le développement de l’Algérie mais aussi sur la stabilité de la société algérienne en introduisant des coupures entre zone rurale et urbaine, milieu pauvre et sans instruction et classes sociales favorisées qui gardent un accès à la langue française », observe enfin Guy Jourdain.

« L’arabisation a créé la génération de jihadistes des années 90« 

Outre cette étude, il est à noter qu’en Algérie de nombreux observateurs font le lien entre l’arabisation et la génération de « jihadistes » des années 90 que cet enseignement a produit. En effet, du fait du choix idéologique aucune préparation n’avait été envisagé. D’où le recours aux solutions d’urgences bricolées, notamment en terme de manque de formateurs et d’enseignants. Ce qui a permis au mouvement islamiste frères musulmanes d’Égypte d’infiltrer ses agents dans l’école algérienne et d’endoctriner toute une génération d’algérien à leur idéologie jihadiste ». Une génération qui atteint sa maturité à la fin des années 80 et qui a fini par prendre les armes au côté du parti jihadiste Front Islamique du Salut (FIS).

En 2022, c’est le même reflexe idéologique qui guide la démarche du pouvoir qui opte pour la généralisation de l’anglais. Comme dans les années 60 -70, ni étude, ni préparation, juste une idée à la mode qui plait au pan arabo-islamiste de la population (très anti-langue française) et des certitudes…


“L’École algérienne est une usine de fabrication de terroristes” (Hadda Hazem)


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