Alors que l’Algérie a déboursé une fortune durant l’été 2022 pour présenter aux jeunes universitaires algériens le cheikh égyptien, proche des frères musulmans, Omar Abdelkafy, le Maroc vient de récupérer la bibliothèque du penseur et anthropologue algérien de renommée mondiale, Feu Mohamed Arkoun.
En effet, la presse rapporte, ce vendredi 3 mars, que le directeur de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), Mohamed El Farran, et la veuve de feu Mohamed Arkoun, Touria Yacoubi Arkoun, ont signé mercredi à Rabat une convention de don de la BNRM. Cette donation de la bibliothèque de feu Mohamad Arkoun comprend plus de 5.000 œuvres et 7.000 magazines couvrant différents champs littéraires et scientifiques.
Ce don a été rendu possible grâce à Touria Yacoubi Arkoun, «qui a souhaité que la bibliothèque du défunt soit placée entre les murs de cet ancien bâtiment (la Bibliothèque nationale) après un long parcours et des obstacles qui ne l’ont pas découragée de réaliser sa volonté consistant à ce que les archives littéraires du penseur Mohamad Arkoun soient immortalisées et passées de génération en génération», a expliqué Mohamed El Farran.
Mohamed Arkoun, en quelques mots…
Feu Mohamad Arkoun (1928-2010) était un penseur, philosophe et historien de la pensée islamique. Son analyse minutieuse des processus que traverse l’islam allait de pair avec ses fréquents appels à la réforme des sociétés musulmanes contemporaines.
Le défunt a laissé derrière lui plusieurs ouvrages, dont «La pensée arabe», «Lectures du Coran», «Histoire de l’islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours» et «Quand l’Islam s’éveillera».
Arkoun a obtenu un doctorat en philosophie de l’Université de la Sorbonne (1969). Il a occupé le poste de professeur émérite à la Sorbonne (Paris III), et a enseigné les «Études islamiques appliquées» dans plusieurs universités européennes, américaines et maghrébines.