After Lyfe, la Vodka algérienne pourrait devenir… Tunisienne, Des milliers d’emplois, des Millions $ perdus !

After Lyfe, la vodka algérienne fait face à la « prohibition sociologique ». Résultat : C’est la Tunisie qui pourrait bien profiter des milliers d’emplois et des millions de dollars pour le trésor publics qu’elle pourrait générer !

Dans son édition de ce samedi 8 février, le site Sputniknews rapporte les propos de Amar, le  concepteur d’After Lyfe, la vodka premium produite à base de céréales et d’eau de source d’Algérie.

Quand l’Algérie se prive de devises fraîches et de milliers d’emplois !

Ainsi, la gestion de la société et l’économie par l’idéologie, le dogme et la religiosité a fait que le constat est sans appel : Bien qu’il s’agit d’un segment hautement viable économiquement en termes de création d’emplois et pourvoyeur de devises, le climat des affaires est peu propice aux investissements dans le domaine de la production d’alcool. D’ailleurs pour l’entretien, Amar a tenu à garder l’anonymat.  

C’est donc en catimini qu’il a reçu le magazine dans son bureau situé sur les hauteurs d’Alger. Il explique que produire des spiritueux en Algérie est tout à fait légal, mais que cela nécessite une certaine discrétion.

« Produire de l’alcool est rentable, mais compliqué à mettre en œuvre. En Algérie, aucune loi n’interdit la vente et la consommation d’alcool, mais le secteur est très règlementé. Le pays produit du vin et différentes marques de bières, l’importation est le monopole de quelques opérateurs qui se sont spécialisés essentiellement dans les vodkas et les whiskys ». Pourtant, regrette-t-il, «nous sommes confrontés à une forme de prohibition sociologique».

«Dans le secteur de la production et de l’exportation d’alcool, le Trésor public reste le grand gagnant. Les pouvoirs publics doivent encourager les initiatives rentables. Sinon, nous irons en Tunisie où les conditions d’investissement sont plus favorables», souligne Amar.

Ce «déménagement» ferait perdre, de fait, la nationalité algérienne à l’After Lyfe. «C’est un risque à prendre», répond-il avec une pointe de regret.

Bien que l’After Lyfe est actuellement disponible dans des restaurants et auprès de certains dépositaires d’alcool de la région algéroise, Amar voit grand, très grand. Il assure pouvoir placer sa vodka dans plusieurs marchés internationaux. Au Canada notamment, où des groupes spécialisés ont la capacité de la distribuer à travers toute l’Amérique du Nord. After Lyfe est également attendue en Europe et dans plusieurs pays africains. En fait, Amar et ses associés n’attendent que l’instauration d’une législation plus souple en matière d’exportation d’alcools.

Comment est née After Lyfe ?

La question fait sourire son concepteur, ancien étudiant en architecture qui est parti au Canada durant les années 1990.

«Quand j’ai quitté Alger à l’âge de 20 ans, le pays subissait la violence du terrorisme islamiste. Une fois installé au Québec, j’ai suivi des études en management stratégique. Mes nouvelles connaissances m’ont permis de créer des entreprises au Canada et aux États-Unis. Pour ce qui est de la vodka, l’idée est apparue il y a une dizaine d’années en constatant que de nombreuses marques d’alcool étaient présentes en Algérie. Comme tout Algérien expatrié qui baigne dans une expertise, je me suis dit qu’il serait possible de la reproduire dans mon pays. La  marque After Lyfe  a été déposée aux Etats-Unis et nous avons décidé de l’utiliser pour l’Algérie. Voilà comment est née notre vodka.»

Après la vodka, le « LEGMI »…

A coté de cette vodka, l’entreprise prépare un nouveau produit : une eau-de-vie à base de dattes. Appelé «legmi», en référence au vin de palme consommé dans les oasis d’Algérie et de Tunisie, ce spiritueux titrant 40 degrés se présente sous une belle robe ambrée. Deux équipes travaillent sur ce projet au Canada et dans l’État du Delaware (États-Unis) depuis 18 mois et sont sur le point de finaliser son développement.

«Nous nous sommes intéressés à la question de créer un alcool typiquement algérien à base de dattes Deglet nour de premier choix. Du temps et de l’argent ont été investis pour obtenir une eau-de-vie stable d’une qualité gustative supérieure. Nous voulons en faire un produit vedette, un alcool destiné aux touristes qu’ils pourront consommer ici et en prendre avec eux en quittant l’Algérie.»… ou à défaut la Tunisie !

La consommation d’alcool en Algérie…

Pour Amar, le secteur des boissons alcoolisées et les modes de consommation restent très peu connus en Algérie. «Nous travaillons sur cette question car nous sommes tenus de connaître notre marché, et je dois dire que nous faisons des découvertes au quotidien», assure-t-il.

Preuve du mystère qui règne dans le monde de l’alcool en Algérie, ce chiffre rapporté le site ukrainien UBR: l’Algérie a importé 18 millions de litres de bière ukrainienne durant l’année 2017 !


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