Lakhdar Bouregaa : “Un corrompu qui a usurpé l’identité de son frère”, selon l’ENTV

Le 4 novembre 2020, nous quittait le héros de guerre et militant politique, Lakhdar Bouregaa à l’âge de 87 ans.

Après ses preuves durant la guerre de libération, ayant déserté l’armée française pour rejoindre la révolution en 1956, Lakhdar Bouregaa avait rejoint l’appel de la rue en 2019 qui appelait à réformer le système de gouvernance en Algérie. Une révolution populaire avortée après que la mouvement ait été récupéré par les mouvements islamiste et leur projet d’instaurer la charia.

À la suite de déclarations au sujet du général Ahmed Gaïd Salah, nouvel homme fort du régime, qu’il accuse notamment d’avoir déjà choisi le futur président de la République, ainsi qu’au sujet de l’armée des frontières, il est arrêté le 30 juin 2019 après une plainte du ministère de la Défense et poursuivi pour « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée ».

La télévision nationale, dans son JT du 30 juin 2019, avait alors affirmé qu’il a usurpé le titre de moudjahid et l’identité de son frère, tout en s’enrichissant par ce biais. Selon la télévision d’état, « le vrai nom de Lakhdar Bouregaa est Ahmed Bouregaa qui est le frère de Lakhdar Bouregaa ».

Le 5 novembre 2019, il est transporté à l’hôpital Mustapha Pacha où il subit une intervention chirurgicale pour une occlusion intestinale. Il est libéré le 2 janvier 2020. Au procès où il comparait libre, le 12 mars 2020, le procureur demande sa condamnation à 1 an de prison ferme. Il est condamné le 11 mai à une amende de 100 000 dinars pour « atteinte à corps constitués ».

L’épreuve de la prison et l’humiliation publique, à l’automne de sa vie, auront eu raison de cet infatigable militant qui meurt le 4 novembre 2020 à l’hôpital de la Sûreté nationale les Glycines à El Biar. Il est enterré le lendemain au cimetière de Sidi Yahia à Alger.

« De la prison à l’hopital, sous les yeux silencieux des hirakistes »

Dans un commentaire posté ce samedi 4 novembre, l’homme politique Abdelkrim Zeghileche, accuse l’élite du mouvement populaire (Hirak) de l’avoir abandonné. Il écrit :

« Aujourd’hui, est la coméoration de la troisième années de la mort du moudjahid Lakhdar Bouregaa. Le jour où il a été transféré de la prison à l’hopital, les algériens « hirakistes » n’ont pas bougé pour lui. Ce jour-là j’ai été convaincu que ce hirak, non organisé, ne produira rien. Son destin était l’échec et la disparition. RIP Lakhdar Bouregaa. »


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