Iran : Le JT de la télévision d’État piraté en direct (Vidéo)

Dix secondes d’interruption et une photo du visage du Guide suprême du régime iranien, l’ayatollah Khamenei, cerné par les flammes, une cible rouge entre les deux yeux : la télévision d’État iranienne a été piratée samedi soir en plein JT de 21 heures. Le montage est intervenu alors que des images de Khamenei en discussion avec plusieurs hommes apparaissaient à l’écran lors du journal.

Selon ce que rapporte, le site Libération, ce dimanche 9 octobre, on entend alors scander le slogan «Femme, vie, liberté», cri de ralliement des manifestations et apparaître la phrase, écrite en rouge : «Le sang de notre jeunesse dégouline de tes mains». «Il est temps de ranger tes meubles […] et de te trouver un autre endroit pour y installer ta famille à l’extérieur de l’Iran», peut-on lire sur un autre message accompagnant la photo.

Sous la photo du visage du Guide suprême, celle de quatre jeunes femmes tuées dans les troubles qui saisissent le pays ces dernières semaines : Mahsa Amini, bien sûr, cette femme de 22 ans, morte le 16 septembre et devenue le symbole de ce mouvement d’émancipation, ainsi que Hadis Najafi, Nika Shakarami et Sarina Esmaeilzadeh. L’ensemble était accompagné d’un appel à prendre part aux manifestations qui ne faiblissent pas dans le pays depuis un mois : «Rejoignez-nous et rebellez-vous» en lettres orange. Après une brève interruption de toute image, la caméra est revenue sur le présentateur, l’air crispé, ses yeux fixant la caméra.

L’agence de presse Tasnim a confirmé que la télévision d’Etat avait « été piratée pendant quelques instants par des agents anti-révolutionnaires ».

« Edalat-e Ali » à la manœuvre

A l’initiative de ce hacking, le groupe de pirates Edalat-e Ali («La justice d’Ali»), qui appuie le mouvement de contestation, le plus important en Iran depuis les manifestations contre la hausse des prix l’essence en 2019.

Ils ont revendiqué leur acte sur Twitter : «Le printemps arrive. Nous demandons à tous nos chers compatriotes de partager l’image piratée avec tous leurs amis et connaissances afin que nous puissions transmettre la bonne nouvelle du renversement du régime à tout le monde et inscrire leurs noms sur leurs pierres tombales», écrit le Edalat-e Ali. Dont le profil Twitter explique sa raison d’être : vouloir «exposer les crimes du régime pour informer le monde sur la violation flagrante des droits de l’homme derrière des murs clos».

Le groupe multiplie les opérations de piratage depuis deux ans. En 2021, il avait hacké des caméras de sécurité de la prison d’Evin, à Téhéran, révélant ainsi les traitements effrayants infligés aux prisonniers dans un centre pénitentiaire connu pour détenir principalement des prisonniers politiques. Au début de l’année, ils ont réussi à passer un clip de 50 secondes appelant à l’insurrection contre le régime pendant la retransmission d’un match de foot opposant l’Iran aux Émirats arabes unis.


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