Projet d’une nouvelle Constitution en Tunisie: Supression de “l’islam religion de l’État“ !

Le juriste Sadok Belaïd chargé de la rédaction d’une nouvelle Constitution en Tunisie, a affirmé hier lundi 7 juin à l’AFP qu’il présenterait au chef de l’État un projet de charte expurgée de toute référence à l’islam pour combattre les partis d’inspiration islamiste comme Ennahdha.

Le premier article de la Constitution actuelle adoptée en grande pompe en 2014, trois ans après la chute de la dictature de Zine El Abidine ben Ali, stipule, tout comme la Charte de 1959, que la Tunisie « est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime ».

« 80% des Tunisiens sont contre l’extrémisme et contre l’utilisation de la religion à des fins politiques. C’est précisément ce que nous allons faire tout simplement gommant l’article 1 dans sa formule actuelle », a dit le juriste dans un entretien à l’AFP.

Interrogé si cela signifiait que la nouvelle Constitution ne contiendrait pas de référence à l’islam, il a répondu: « il n’y aura pas ». « Il y a possibilité que l’on efface l’article 1er dans sa version actuelle. Nous pouvons nous passer de mentionner une quelconque religion. »

Protéger l’islam de l’exploitation politique

Selon M. Belaïd, la suppression de toute référence à l’islam est destinée à combattre les partis d’inspiration islamiste, surtout Ennahdha, principale force dans le Parlement dissous par M. Saied.

« Si vous utilisez la religion pour faire de l’extrémisme politique, eh bien nous l’interdirons », a poursuivi cet universitaire de 83 ans qui affirme avoir « une très grande et une très profonde amitié et proximité » avec M. Saied qu’il avait eu comme étudiant.

« Nous avons des partis politiques qui ont les mains sales et bien que vous le veuillez ou non messieurs les démocrates français ou européens nous n’accepterons pas dans notre démocratie des gens sales », a-t-il affirmé.

Selon lui, « Ennahdha et d’autres partis sont les suppôts de plusieurs forces ou puissances ou Etats ou mini-Etats étrangers qui ont beaucoup d’argent qu’ils veulent dépenser comme ils veulent et qu’ils utilisent pour intervenir dans les affaires du pays ». « Ca c’est de la trahison. »

Les propos de Sadok Belaïd sont susceptibles de provoquer un vif débat dans un pays où plusieurs partis d’inspiration islamiste se sont accroché à la vague de la révolte de 2011 qui fit tomber le régime ben Ali et se sont imposés.

Nommé le 20 mai à la tête de la « Commission nationale consultative pour une nouvelle République », chargée de rédiger un nouveau projet de Constitution, M. Belaïd a indiqué qu’il soumettrait le projet pour validation au président Kais Saied au plus tard le 15 juin avant qu’il ne soit soumis à référendum, une consultation annoncée pour le 25 juillet.


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