“Un visa pour la France n’est pas un projet de vie”: Quand Macron sermonnait les dirigeants algériens (Livre)

Dans leur livre « Le déclassement français », paru ce janvier 2022, les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot réservent un grand passage sur les relations algéro-française.

On peut y lire le rapport méprisant qu’entretient le président français Emmanuel Macron avec les caciques du régime algérien qui à défaut de construire des hôpitaux et un système de Santé chez eux, ne trouvent pas mieux, en 60 ans d’indépendance, que de se soigner et soigner leurs familles chez l’ancien colon : la France.

Ainsi, on retrouve un passage dans lequel Emmanuel Macron s’entretient avec les hauts dirigeants algériens parmi lesquels l’ex-président Bouteflika. L’entretien à lieu en 2017 lors de sa visite à Alger, dans la résidence de Zeralda, quelques semaine après le séjour parisien de Bouteflika à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce de la capitale française.

On peut lire au Chapitre 3 intitulé  » Le champs de mines de la mémoire » :

« Un pays de jeunes dirigé par des vieux ! Quad il débarque pour une visite officielle dans la république algérienne démocratique et populaire en décembre 2017, c’est sans doute ce qu’a dû penser en son for intérieur Emmanuel Macron en découvrant la gérontocratie qui règne sur un pays où 70 % de la population a moins de 30 ans.

A la tête d’une délégation comprenant Jean-Yves Le Drian, le patron du Quai d’Orsay, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics et Philipe Etienne, son sherpa diplomatique? Emmanuelle Macron est accueilli au complexe présidentielle de Zeralda, sur les hauteurs d’Alger.

L’entretien avec son homologue, Abdelaziz Bouteflika, alors âgé de 82 ans, déroule dans la maison médicalisée du président algérien dans une atmosphère crépusculaire (…) »

« (…) En réalité, le chef de l’État français va monopoliser la parole la plus grande partie de l’entretien.

Les caciques du régime assister à l’entrevue la mine renfrognée. Ils ressemblent aux membre du politburi de l’ex-URSS. Il y a e président du Sénat, Andelkader Bensalah, 76 ans, le chef d’état major des armées et vice-ministre de la défense, le général Gaid Salah, 77 ans, Adelkader Messahel, le chef de la diplomatie, 68 ans, ou encore le premier ministre Ahmed Ouyahia, 65 ans.

Loin de se laisser impressionner par ces diplomates du sérail algérien, Emmanuel Macron leur assène  par-dessus la tète du rais des propos qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre. « Vous êtes responsables du malheur de votre jeunesse et cette jeunesse vient me poser des problèmes dans les banlieues françaises ! Obtenir un visa pour la France, ce n’est pas un projet de vie pour vos jeunes. Donnez-leur du travail », martèle-t-il pour mieux insister sur la faillite économique et sociale du système algérien. Quant aux harkis, le président français s’insurge : Vous ne pouvez pas rendre les enfants responsables des crimes de leurs parents! »

Les vieux caciques algériens sont déstabilisés par une telle franchise, au fond,  depuis des décennies, ils étaient habitués à des échanges convenus et routiniers, sorte de ronronnement diplomatique franco-algérien finalement confortable pour les deux parties.(…) »


Lire aussi :


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Create a website or blog at WordPress.com par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :