“Suisse secrets”: Le compte suisse d’Abdelaziz Bouteflika

Parmi les clients du Crédit Suisse, dont une fuite de données cette semaine, a révélé un scandale mondial dénommé “Suisse secrets”, figure une personnalité algérienne de haut rang : le défunt président Bouteflika.

Ainsi, selon les révélations de Süddeutsche Zeitung (SZ), ce dernier disposait d’un compte dans la banque Crédit Suisse, ouvert un mois avant son investiture (1999), qu’il avait mis à disposition des membres de sa famille. En effet, tous les Bouteflika, à savoir Abdelrahim Nasser, Abdelghani, Mustapha, Said, Zhor et Latifa avaient accès à près de 1,5 million francs suisses (1.483.528) au 31 décembre 2005, soit l’équivalent d’un million d’euros au taux de change de l’époque. Il n’a été clôturé qu’en octobre 2011.

Le même source rappelle que ce compte n’a jamais figuré dans la déclaration de patrimoine du président Bouteflika dans laquelle ne figurait que deux biens immobiliers et une voiture, même pas le compte courant postal où il percevait son salaire de ministre des affaires étrangères puis de président de la République.

Bouteflika, de l’espoir au burlesque..

Considéré comme l’un des artisans du régime politique mis en place après l’indépendance de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika (1937-2021) est revenu au pouvoir en avril 1999 comme une ancienne gloire de sa diplomatie, appelée à alléger l’embargo non déclaré qui exténuait le pays déjà endeuillé par une décennie de violences islamistes et de sang.

Ce fut après deux décennies d’absence où il vivait entre la Suisse et les émirats arabes du Golfe. Tombé en disgrâce après la mort du président Houari Boumediene, Bouteflika, qui avait dirigé la diplomatie algérienne pendant seize longues années, monnayait ses services de consultant à Zayed bin Sultan Al Nahyan, sultan des Emirats arabes Unis.

Bouteflika s’accrochera, au pouvoir pendant 20 ans jusqu’à ce qu’une déflagration populaire réclamant son départ laquelle avait poussé l’armée à le déposer en 2019 alors qu’il s’était présenté pour un cinquième mandat.

Le règne de Bouteflika, qui a commencé par une complexe opération politique de réconciliation nationale laquelle n’a pas totalement abouti même si « officiellement » elle avait été acceptée par la majeure partie des Algériens, a viré au burlesque à partir de son troisième mandat. Sa maladie l’avait contraint à réduire ses apparitions publiques à de rares entrevues avec des étrangers ou des amis. Mais, ce règne a surtout été marqué par une corruption généralisée à travers tous les pans de la société et des institutions du pays.


Autre révélation « Suisse secrets » :


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