Affaire Amenhyd : Sellal fait le procès de la Centralisation !

Jeudi 8 janvier, après une déclaration politique, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal a répondu aux questions du juge portant sur l’affaire du groupe Amenhyd dans laquelle il est accusé de corruption.

Les faits, que relate l’ex-premier ministre, en disent beaucoup sur les dérives du système algérien hérité du jacobinisme français. Une centralisation archaïque, engendrant toujours plus de bureaucratie et qui n’accorde aucune marge de manœuvre. Ce qui peut pousser un haut responsable à prendre des décisions dans l’urgence, l’exposant aux bancs des accusés.

Ainsi, revenant sur le fond de l’affaire Amenhyd, Sellal explique :

L’ex-premier ministre ne renie rien de ses décisions et pour garder le cap sur le caractère politique de ses décisions, il tient à en situer le contexte. Il rappelle que l’option de raccorder les régions ouest de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj n’était pas “ma décision”. Mais à l’époque, “cette région de Mansourah manquait d’eau souterraine, la population ne recevait que très peu d’eau”, a-t-il rappelé. Puis, “les rapports des services de sécurité qui me parvenaient rapportaient toujours des manifestations des populations à cause des pénuries récurrentes d’eau potable”, dit-il encore. “Je ne pouvais pas laisser les citoyens mourir de soif !”, a-t-il encore appuyé.

En effet, tous les témoignages de la vingtaine de responsables, anciens walis et ministres ont convergé vers un seul point : l’attribution, en 2014, du marché de gré à gré à un groupement constitué de la société publique Foremhyd et de la société Amenhyd, propriété des frères Chelghoum. D’un montant de plus de 7 milliards de dinars, la transaction devait légalement se faire après un avis d’appel d’offres, comme le prévoit le code des marchés publics qui exige la concurrence dans les transactions dépassant 1 milliard de dinars. Mais, “le caractère urgent” du projet a poussé le directeur général de l’Algérienne des eaux (ADE), qui s’est appuyé “sur une décision du ministre” des Ressources en eau de l’époque, Hocine Necib, à proposer la formule de gré à gré, qui permet de gagner du temps. 

“La procédure d’avis d’appel d’offres pouvait durer au moins 18 mois. Pis encore, rien que l’élaboration et l’adoption du cahier des charges pouvaient prendre au moins 4 mois. Et encore ! pour accélérer les démarches, il fallait de solides appuis au ministère des Finances”, relate Sellal, qui suscite des rires gênés dans la salle. “Je dis la vérité : j’ai été ministre durant 10 ans, Premier ministre durant 5 ans et plusieurs fois wali. C’est cela la réalité de notre pays”, tempère-t-il. 

Abdelmalek Sellal explique que s’il ne pouvait pas être directement responsable de la décision, puisque “je n’ai fait qu’entériner une décision collégiale prise au sein du gouvernement”, il a justifié ainsi le recours à l’attribution du marché par la procédure de gré à gré. Il a emboîté le pas à l’ancien ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, qui a expliqué le recours à cette procédure simple tout en niant avoir été celui qui a pris la décision. “Je n’ai aucun pouvoir pour décider d’octroyer un marché de gré à gré. Je n’ai fait que transmettre une demande émanant de l’ADE au gouvernement. Néanmoins, je reste convaincu que le caractère urgent du projet était totalement justifié”, a affirmé Necib, incarcéré depuis juin dernier dans le même dossier. 

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