“Il mangeait dans ma main“: Tahkout-Louh, Le face à face…

Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, s’est ouvert, hier dimanche 10 octobre, au tribunal criminel de Dar-el-Beïda à Alger. Parmi les témoins convoqué à la barre : Mahieddine Tahkout, qui comparaissait par visioconférence à partir de la prison de Babar à Khenchela où il est en détention.

Ce dernier n’a toujours pas été entendu, mais on se souvient des fracassantes révélations, rapportées par la presse, qu’il avait faite au juge d’instruction du tribunal Abane Ramdane de Sidi M’hamed, lors de son audition en 2019.

 « Tayeb Louh mangeait dans ma main », avait-il déclaré.  Il avait, ainsi, révélé qu’il avait traité et collaboré activement avec Tayeb Louh pour bénéficier d’une « impunité » qui lui était promise en dépit des enquêtes menées par l’Office central de répression de la corruption.

« Tous les juges se rabaissaient devant moi, à l’époque de l’ex-ministre de la Justice », avait-il ajouté.

En attendant son audition dans ce procès, de nombreux observateurs s’attendent à de nouvelles révélations qui ne manqueront pas d’enfoncer un peu plus l’ex-ministre de la justice Tayeb Louh qui a hier, à l’ouverture de son procès, tout rejeté sur l’ex-vice ministre de la Défense, Gaïd Salah, et l’ex-ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, tout en affirmant que son affaire est « politique ».

Ce qu’a dit Tayeb Louh à la barre…

Dans son édition de ce lundi 11 octobre, Le Soir d’Algérie rapporte une synthèse de ce qu’a dit l’ex-ministre de la Justice Tayeb Louh à la barre à l’ouverture de son procès :

« Cette affaire, une première dans l’histoire de la justice algérienne, est un précédent grave pour les magistrats, les citoyens, la défense et pour l’Algérie. Ceux qui l’ont actionnée en assumeront la responsabilité devant Dieu, l’Algérie, les Algériens et devant les accusés incarcérés arbitrairement », a lancé Tayeb Louh alors que pesait un silence religieux sur la salle.

Dans son élan, il poursuit : « C’est terrible. Les conditions du déclenchement de l’affaire et mon emprisonnement étaient pour des raisons strictement politiques et nul ne peut les nier, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays .»

L’accusé explique que la plainte portée contre lui et sa détention ont eu lieu au moment où la présidence de la République était vacante et n’était pas dirigée par un président élu mais par un chef de l’État (Abdelkader Bensalah, ndlr). « L’affaire s’est déroulée sous un ministre de la Justice désigné de manière illégale et contraire à la constitution (Belkacem Zeghmati, ndlr) sur instruction de l’ancien vice-ministre de la Défense (Ahmed Gaïd Salah) pour des fins politiques », a-t-il ajouté.

En s’adressant au président de la séance, Tayeb Louh a indiqué que « l’affaire est très dangereuse et vous devez assumer votre responsabilité », soulignant qu’il a été arrêté alors que « tous, y compris des figures du Hirak », demandaient à reporter les dossiers des hommes du régime de Bouteflika jusqu’à l’élection d’un nouveau président.
Aussi, il a soutenu que les faits qui lui sont reprochés n’ont rien de criminel, en évoquant « sa défense de l’indépendance de la justice » depuis qu’il était syndicaliste jusqu’à devenir ministre.

« Au lieu d’être honoré, je suis devant un tribunal criminel que j’ai moi-même inauguré ! C’est la vérité amère de cette affaire », a-t-il déploré.

Avant qu’il ne puisse poursuivre, une voix fuse du milieu de la salle, raporte le quotidien, « une dame criant de toutes ses forces (certains expliqueront plus tard qu’il s’agit d’une magistrate victime de Louh). Les policiers sont intervenus pour l’évacuer, mais face à son refus de se calmer et de quitter la salle, le magistrat a levé la séance ».


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