La Scandaleuse nouvelle chaîne TV “AL DAKIRA” : “La révolution algérienne est Religieuse” !

Lancée officiellement le 1er novembre 2020, la nouvelle chaîne de télévision « AL DAKIRA » (La Mémoire), dédiée à l’histoire de l’Algérie, montre son véritable projet éditorial : La réécrire de l’histoire de l’Algérie.

Ainsi, le journaliste Maamar Farah rapporte dans sa chronique de ce jeudi 8 juillet,  que « trois historiens improvisés qui occupent en permanence la chaîne TV « Mémoire », la révolution n’appartient ni à Ben M’hidi, ni à Abane mais aux religieux ! ».

Les révisionnistes à l’assaut de Novembre / Par Maamar Farah

J’ai déjà écrit que le novembrisme est en train de se transformer en auberge espagnole. Chacun y vient avec son propre programme politique, ses penchants idéologiques et sa volonté clairement affichée de changer l’Histoire.

Les premiers à se présenter en front uni pour faire dans un révisionnisme abject sont ces retardataires de l’Histoire qui veulent nous faire croire que les acteurs de Novembre sont des religieux imprégnés d’idées fondamentalistes. Ils s’accrochent à cette courte référence aux «principes islamiques» qui figure dans la déclaration du 1er Novembre.

Novembre est un acte révolutionnaire et, à ce titre, il garde ses distances avec le discours religieux des Ulémas qui, du reste, refusèrent l’idée d’une insurrection armée en 1954 comme le prouvent plusieurs témoignages. Ils avaient leurs raisons certainement, comme le leader historique Messali Hadj. Mais contrairement à ce dernier qui rejeta l’idée de se joindre au FLN et dirigea même une organisation armée opposée au Front, les Ulémas se portèrent aux côtés des patriotes en 1956, tout comme le Parti communiste algérien qui renforça les rangs de la révolution la même année.

Certes, et à l’instar des Scouts musulmans algériens, la pensée de Ben Badis a joué un rôle dans l’éveil de la conscience nationale chez une partie des résistants sortis des Médersas mais il est faux d’affirmer que les Ulémas furent aux premiers rangs en novembre 1954 ! C’étaient des acteurs parmi d’autres dès 1956, mais pas les concepteurs, les initiateurs ou les déclencheurs.

Et pourtant, à écouter trois historiens improvisés qui occupent en permanence la chaîne TV « Mémoire », la révolution n’appartient ni à Ben M’hidi, ni à Abane mais aux religieux !

Ce révisionnisme n’est pas un épiphénomène ou une coquetterie de plateau ; il s’inscrit dans une démarche cohérente qui tente, à travers l’école, le discours politique, la télévision et la presse, d’inverser les rôles et de donner au 1er Novembre un caractère religieux qu’il n’avait pas. 

S’inscrivant dans le courant révolutionnaire émancipateur qui secouait le tiers-monde à l’époque, notre révolution fut d’abord un acte libérateur et le début d’un processus révolutionnaire devant chasser l’occupant pour installer les fondements d’un État populaire, social et démocratique. Ce n’était pas la révolution khomeiniste, ni celle des talibans ni un combat pour instaurer un État islamique ! Et c’est l’un des derniers survivants de Novembre, un moudjahid de la première heure qui l’a clairement dit dans un rappel historique cinglant, Salah Goudjil : «La révolution de Novembre ne visait pas à instaurer la charia» ! Clair, net et précis.

Ceci étant, il faut aussi rappeler certaines vérités. Le peuple algérien vivait sous une domination coloniale brutale qui a longtemps caressé le rêve de l’évangéliser comme le firent les premières colonnes impérialistes en Amérique. Mais cette volonté de changer l’identité des Algériens se heurta à une forte résistance menée par des chefs religieux. En l’absence d’unité nationale, l’islam fut le levier des insurrections tribales du XIXe siècle mais cet islam-là, pratiqué dans la sérénité depuis des siècles par les Algériens, n’avait rien à voir avec l’islam politique de ceux qui veulent refaire l’Histoire. 

En fixant les objectifs généraux du futur État, les rédacteurs de l’appel de Novembre se devaient de rappeler un trait fondamental de notre identité. Ils voulaient dire qu’ils n’allaient pas libérer le pays pour le livrer à nouveau à la religion des envahisseurs ou aller vers une laïcité qui mettrait en cause le caractère sacré des croyances de nos pères et sortirait de cet islam social dans lequel baignait la vie de nos cités populaires et déchras. C’est ce qu’ils voulaient dire par «principes islamiques». C’était un rappel direct de la volonté de récupérer l’identité nationale bafouée et un signe d’unité et de symbiose dans la mesure où le peuple algérien est musulman dans sa grande majorité. C’est un point qui méritait d’être précisé parce que les tenants des nouveaux courants fondamentalistes font tout pour détourner ce passage de la déclaration du 1er Novembre de son cadre initial. 

(…)

Ne faut-il pas ici rappeler que le musulman américain s’habille de Jean’s et écoute le rock ? Idem pour le musulman pakistanais, azerbaïdjanais ou sud-africain qui vivent selon les us de leurs pays. Pourquoi alors, chez nous, pour être musulman, il faut s’habiller et vivre comme des non-Algériens ?

Chronique intégrale du 8 juillet 2021


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