“Qu’attendre d’une contrée où on a immolé des écrivains traduits dans 50 langues ?” : Hakim Laalam diagnostique…

Terrorisme sur gazon ! Par Hakim Laalam

Une défaite en finale de Coupe européenne, la plus prestigieuse, il n’en fallait pas plus pour que les foudres s’abattent sur Mahrez. Et que reprochent les «cacahuètes du ciboulot» au capitaine des Verts ? En gros, «Echeh ! T’as perdu, parce que t’as brandi le drapeau palestinien en demi. T’aurais dû agiter un autre bout de tissu».

Ce genre de messages débiles et débilitants, j’ai dû en croiser des centaines sur la toile. Émanant de «compatriotes». Et encore ! De ce que j’ai pu lire. De ce que j’ai eu la force surhumaine de lire, parce qu’au-delà des centaines, j’aurai vomi mes tripes de l’ignoble qui ressortait de ces messages. Plutôt que de gerber sur mon écran, j’ai préféré gamberger sur la «nature» de ce genre de zigotos et de zigotates.

Quel drapeau auriez-vous voulu que Riyadh brandisse ? De quelle couleur ? Rouge ? Noir ? Jaune ? Ou «Khoukhi Bared» ?

Et puis, zut, restons au niveau sous-sol ! Et ne répondons au niveau caniveau qu’avec des arguments de fosse septique : je ne savais pas qu’il existait un organisme qui décide du drapeau à brandir ou à ne pas brandir. Je ne savais pas non plus que des commissions du drapeau se réunissaient sur les réseaux sociaux pour donner ou pas l’autorisation à des personnes — ici une star du foot mondial — d’hisser tel ou tel drapeau et surtout pas tel oriflamme.

(…)

Si Mahrez ou un autre enfreint votre code des drapeaux, faudra-t-il lui planter la hampe, l’épieu en bois du drapeau en plein cœur, comme pour mieux exorciser le sortilège de la libre pensée qui l’habite ? Ou alors, dresserez-vous des bûchers sur lesquels vous brûlerez Mahrez, le drapeau algérien et celui de la Palestine, itou ?

Cette Algérie ne se fera ni avec un pouvoir qui embastille les opinions libres ni avec les dresseurs de bûchers pour y cramer la liberté de choisir ses causes. Encore moins avec la fiente genevoise qui n’épargne même pas un footballeur algérien éclaboussant pourtant la planète de sa classe.

Mais au fond, qu’attendre d’une contrée dans laquelle, bien avant Mahrez, on a immolé des écrivains, dont certains traduits dans près de 50 langues ? Une terre dans laquelle il est devenu tradition et pratique couramment admise de se défausser sur la réussite ?

Rien ! Sinon, de fumer et fumer encore du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

Hakim Laalam, Le 31 mai 2021


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