La “Régression féconde” en construction à l’APN : Et si Addi avait raison ?

Dans sa chronique de ce samedi 29 mai, le chroniqueur du soir d’Algérie Slimane Laouari écrit  :

« L’idée d’une majorité islamiste à l’Assemblée nationale se dessine de plus en plus clairement. Le boycott des partis démocrates, conjugué au déclin du duo FLN-RND dont les listes ont été érodées et au bout, la large abstention qui en découlera, confortent chaque jour un peu plus ces prévisions qui prennent des allures de certitude. La «régression féconde» ? Pas vraiment, ce n’est pas le genre d’islamistes que M. Addi souhaitait voir aux affaires. Il devra quand même s’en contenter. Mieux, il se peut qu’il n’en soit pas déçu. »

Plusieurs observateurs s’interrogent…

Pourtant, au vu du constat qui semble définitif de l’impossibilité au peuple algérien de concevoir un avenir en dehors de la religion, de nombreux observateurs désabusés ne manquent pas de s’interroger, ces deniers temps, sur la question de cette « régression féconde » dont parle le sociologue algérien Lahouari Addi.  « Le seul moyen, risqué certes, mais qui semble inévitable, pour faire prendre conscience au peuple de la dangerosité de cette certitude d’une solution par l’islam à ses malheurs terrestres, qui s’est enraciné dans la société… », écrit un internaute.

La « régression féconde »

Rappelons que la « Régression féconde » est l’expression de l’intellectuel algérien Lahouari Addi, qui critiquait, en 1992 — il y a près de 30 ans —, la décision de l’armée algérienne d’interrompre, par un coup d’État, un processus électoral qui allait donner le pouvoir aux islamistes regroupés dans le FIS, le Front islamique du salut.

Son idée était simple : Si les islamistes ont gagné de vraies élections libres, alors, disait-il, «s’il faut en passer par là… allons-y». Plus encore : selon lui, un mandat législatif du FIS de 1992 à 1996 — avec une armée et une présidence constituant de vrais contre-pouvoirs — aurait peut-être fait comprendre aux Algériens que les promesses démagogiques et radicales de ce parti étaient inapplicables. Ce qui aurait vite dissipé l’aura populaire de l’islam politique… le discréditant une fois pour toutes, et levant ainsi «l’hypothèque islamiste».

Et c’est justement cette «hypothèque islamiste» qui plombe et ruine tout idée de changement en Algérie. L’essoufflement du mouvement populaire appelé « islamiquement » Hirak, en est la meilleure démonstration. Au grand bonheur du Système !


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