Foncier dilapidé en 20 ans : Comment 10 personnes se sont partagées 250.000 hectares !

Dans son édition de, ce samedi 27 mars, Le Soir d’Algérie révèle l’incroyable chiffre du foncier octroyé aux hommes d’affaires et amis de la sphère dirigeante durant les années de règne de Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier « est estimé  à plus de 250 000 hectares répartis à travers près de onze wilayas du pays », révèle le quotidien.

Le procédé…

Toutes les enquêtes menées depuis 2019 ont démontré que ces terrains étaient très souvent considérés comme étant à vocation agricole et situés dans des régions très avantageuses et convoitées. Des procédures mises en place localement par les autorités pour gérer le patrimoine foncier ont permis aux bénéficiaires d’acquérir ces assiettes sans grand mal.

Dans la plupart des cas, ces dernières ont procédé à la déclassification des terrains en question les rendant ainsi plus accessibles à la vente et donc la mise à disposition des hommes d’affaires et autres personnes porteuses de projet d’investissement. Cette procédure a été cependant menée de manière tout à fait irrégulière et même illégale, estiment tous les enquêteurs qui qualifient de «parade » les modalités mises en place pour ôter le caractère agricole des terrains convoités.

Les noms des principaux bénéficiaires de ces 250 000 hectares sont connus. Il s’agit des hommes d’affaires actuellement incarcérés dans des affaires de corruption, mais dans cette liste, deux noms se détachent nettement du reste.

Tahkout

Le procès de l’ancien wali d’Alger a révélé que Mahieddine Tahkout avait, par exemple, pu bénéficier de quinze arrêtés de droit de concession pour investissement dans le foncier industriel pour une durée de trente-trois ans et ce, en dépit de l’opposition de la Protection civile et de Sonelgaz.

Le président du tribunal a jugé que les faits étaient d’autant plus graves que la majorité des projets soumis par l’ancien patron de Cima Motors n’ont jamais été concrétisés (rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et que les contrats administratifs avaient été délivrés bien que des dettes envers l’agence immobilière d’Alger n’aient pas été épongées. L’enquête a également relevé que le permis de construction a été octroyé sans respect du cahier des charges.

Haddad

Ali Haddad vient, cependant, en tête de liste des bénéficiaires d’assiettes foncières. Les terrains acquis se chiffrent à des milliers d’hectares (onze uniquement entre Alger, Tipasa et Boumerdès). À Bab Ezzouar, Bir-Mourad-Raïs et Dar-el -Beïda, six terrains d’une superficie de 41 502 mètres carrés ont été répertoriés alors que cinq autres assiettes d’une superficie de 181 hectares ont été dénombrées autour d’Alger. L’opinion garde également en mémoire le terrain de 50 000 ha qui lui avait été octroyé dans la wilaya d’El-Bayadh avant qu’il ne lui soit retiré en raison d’un litige ainsi que les douze autres terrains qui lui avaient été attribués dans la zone industrielle de la wilaya de Bouira.

Les révélations autour du pillage du foncier sont, cependant, loin d’être achevées puisque des affaires impliquant d’autres hommes d’affaires et walis sont appelées à être jugées dans les semaines à venir pour obtention d’indus avantages. L’un des tout prochains procès à venir devrait d’ailleurs être celui de Mustapha Layadi, ancien wali de Tipasa puis de Blida.

Selon un recoupement établi sur la base des dossiers traités par la justice, le gros de ces 250.000 hectares ont été partagés par à peine une dizaine de personnes,  incluant Haddad et Tahkoout…


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