“Des milliers d’emplois détruits !” : Faillite de Amor Benamor, Condor et l’ETRHB !

Dans son édition de dimanche 7 mars, El Watan rapporte que les entreprises, qui bénéficiaient de toutes les facilités dans le passé, et dont les patrons ont été emprisonnés, se retrouvent aujourd’hui en pleine tempête à cause de la chute vertigineuse de leurs chiffres d’affaires et des imbroglios administratifs liés à leur statut.

Des milliers de postes de travail ont été perdus depuis 2019 chez Condor, l’ETRHB, les Moulins Amor Benamor…,  et d’autres milliers risquent encore d’être perdus malgré la nomination d’administrateurs à la tête de ces entités économiques à l’avenir des plus incertains.

Groupe ETRHB Haddad

Au mois de décembre 2020, des centaines de travailleurs de l’ETRHB de Ali Haddad ont battu le pavé à Tizi Ouzou. Leurs représentants ont affirmé qu’ils n’ont pas perçu de salaires depuis dix mois.

Selon un syndicaliste de ce groupe, le nombre d’employés est passé de 7400 environ en 2019 à pas plus de 3000 actuellement. Des responsables d’unité ont signifié aux travailleurs qui étaient titulaires de CDD (Contrats à durée déterminée), que ces derniers ne seront pas reconduits. Le syndicaliste évoque également la «non-cotisation du congé Cacobath pour l’année 2020 et de la CNAS depuis juin 2019». Ceci au moment où, ajoute-t-il, «l’administrateur désigné s’est fixé un salaire mensuel de 330 000 DA».

Groupe Condor

Le groupe Condor est également dans la même situation. Dans un courrier adressé aux autorités le 17 janvier dernier, un membre de l’assemblée générale de la société, A. Benhamadi, a évoqué «la perte de 60% du chiffre d’affaires» et de «3700 postes d’emploi, uniquement dans l’activité électronique et électroménager, et plus de 7000 emplois au total», et ce, durant ces 18 derniers mois.

Le nombre d’employés actuellement au sein de ce groupe, ajoute cette même source, est de 8000, alors qu’il était de 14 900 au 31 décembre 2018. 8000 salariés qui n’ont pas touché leurs derniers salaires. A. Benhamadi fait remarquer, à cet effet, que «l’administrateur judiciaire désigné est le responsable du service après-vente de SNVI, à la wilaya de Tlemcen».

Donc, laisse-t-il entendre, son expérience ne lui permettrait pas de «diriger une entreprise qui réalise plus de 100 milliards de dinars de chiffre d’affaires». Donc, en plus des postes d’emploi perdus ou menacés, il y a le manque à gagner pour le fisc, en plus de la contribution de cette entreprise aux exportations (64,3 millions de dollars de chiffre d’affaires à l’exportation réalisé par Condor durant les années 2017, 2018 et 2019, alors que le chiffre n’excédait pas 3,2 millions de dollars en 2020).

Ce membre de l’assemblée générale exprime également son incompréhension à la suite de la nomination d’un administrateur «alors que l’entreprise dispose de ses organes de gestion».

Les Moulins Amor Benamor

Les Moulins Amor Benamor, qui détenaient une part de marché importante pour ce qui est des pâtes alimentaires, ont été à l’arrêt pendant près de sept mois. Ils n’ont repris leurs activités (l’usine est située à Guelma) que depuis quelques jours (mardi 23 février) au grand bonheur du millier d’employés (emplois directs et indirects). Mais personne ne sait encore pou combien de temps…

Le commentaire d’El Watan :

Enfin, tous ceci pour dire que jusque-là l’option choisie de nommer des administrateurs et de les maintenir aussi longtemps n’a pas, au moins, permis à ces sociétés de se maintenir, bien au contraire. Et ce sont bien entendu les employés qui subissent souvent et grandement les conséquences.


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