Tout savoir sur le FSR : L’incroyable Caisse de Retraite des privilégiés de l’Etat Algérien !

🔴 – Exemple : Un wali, parti à la retraite en 2000 avec une pension de 100.000 DA, verra ce montant grimper à 300 000 DA en 2015 si ce montant correspond au salaire du wali en fonction en 2015.


A propos des avantages octroyés par le Fonds spécial de retraite des cadres supérieurs de l’Etat ou FSR…

Tout ce qu’on peut dire est qu’ils sont de taille. Tellement énormes que même l’administration coloniale française n’a pas osé, en son temps, en créer un semblable pour ses hauts responsables en poste sur le territoire occupé.

Surtout que la liste des fonctions et des postes pouvant en bénéficier ne cessera de s’allonger en 36 ans d’existence.

Cette liste, très «restreinte» au départ (Présidence, ministères, chefs des Régions militaires, présidents de la Cour des comptes et la Cour suprême, ambassadeurs, consuls généraux, walis, chefs des entreprises publiques, députés, etc.), intégrera les sous-directeurs de ministères, les magistrats et, plus récemment, en 2011, les magistrats de la Cour des comptes.

Puis à la lumière des diverses modifications de la Constitution, notamment en matière de nomination des commis de l’Etat par décret présidentiel, la liste des bénéficiaires potentiels du FSR connut une forte rallonge, à telle enseigne que les directeurs d’exécutif de wilaya et les secrétaires généraux de daïra et de commune y firent leur entrée.

Des critères d’accès pour privilégiés

Il ne suffit pas d’être nommé par décret pour en faire partie : là aussi, les conditions d’accès ont évolué au fil des décennies (et probablement de la rente pétrolière). Si au tout début, il suffisait de cumuler entre 12 à 20 années dans la fonction où vous êtes nommé ou pendant une période comprenant même des années aux responsabilités pendant la guerre de Libération nationale, et sans aucune condition d’âge pour partir à la retraite, actuellement, une condition d’âge est exigée, mais seulement 50 ans !

Ces conditions varient selon l’importance du poste occupé : il y a des «sous-catégories» de retraités du FSR. Et si vous ne remplissez pas le critère de la durée dans la ou les fonctions occupées (et ayant donné lieu à nomination par décret) durant votre carrière, vous ne repartez pas les mains vides : vous ouvrez droit à une retraite proportionnelle !

 En fait, le principal avantage de «l’heureux élu» du FSR, qui remplit toutes les conditions, c’est de bénéficier d’une pension correspondant non seulement à 100% du dernier salaire perçu, indemnités comprises, mais c’est aussi de voir augmenter sa pension au fur et à mesure des revalorisations du salaire du dernier poste occupé.

Un exemple pour étayer ce point : un wali, parti à la retraite en 2000 avec une pension de 100 000 DA, verra ce montant grimper à 300 000 DA en 2015 si ce montant correspond au salaire du wali en fonction en 2015.

Un « Fonds » très secret à budget illimité et financé par… les contribuable !

Après avoir fait partie de la Caisse générale des retraites des fonctionnaires, le FSR en fut détaché et fait maintenant bande à part, placé sous la tutelle du ministère des Finances, mais ayant un siège hors des murs de ce ministère : plus il est caché, moins il y a de «fuites» sur sa gestion et son fonctionnement. Conformément à la réglementation qui le régit, le FSR a 3 sources de financement : les cotisations de ses adhérents, la contribution de l’Etat et les subventions de l’Etat, «le cas échéant» (mentionné ainsi dans le décret portant création du FSR).

Le montant de cette «contribution de l’Etat», — contribution qui est en fait la source principale du financement du FSR, n’est pas rendu public dans la loi de finances et n’apparaît pas du tout dans le budget de fonctionnement du ministère des Finances tel qu’il est publié au Journal officiel.

Si cette contribution est insuffisante pour payer les retraités du FSR, l’Etat vient à la rescousse à travers des subventions. Si à sa création le FSR ne comptait que quelques centaines de bénéficiaires, 36 ans après, au vu de la très longue liste de ceux qui y ont fait leur entrée depuis, ils doivent être plusieurs dizaines de milliers.

Ce sont donc les contribuables — ponctionnés à la source —, dont les 6 millions d’assurés sociaux de la Cnas et une bonne partie des 3 millions de retraités de la CNR (ceux qui au-delà d’une pension de 20 000 DA continuent de payer des impôts), qui financent la pension très confortable des retraités du FSR.

Source, El Watan


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