A Oran, Une lycéenne renvoyée à cause de… “ses cheveux frisés” Sofia Djama évoque son expérience…

L’Algérie est encore une fois enfoncée dans une incroyable histoire, mêlant pouvoir, religiosité et racisme ayant eu pour théâtre cette semaine : Le lycée Lotfi d’Oran.

Ainsi, le directeur de cet établissement a tout bonnement renvoyé une élève parce qu’il a jugé ses cheveux trop frisés. Les parents lui ayant certifié qu’il s’agissait de ses cheveux naturels, le responsable a exigé une photo de la jeune fille plus jeune pour vérifier…

La cinéaste Sofia DJama a commenté cet incroyable comportement qu’elle juge « RACISTE » et évoque sa propre expérience…

Tu es proviseur pas coiffeur Monsieur le Directeur / Sofia Djama

Long, court je ne les défrise pas , mes cheveux sont frisés voire crépus. Il m’a fallu me battre contre la société, la rue a été violente par ses regards , ses insultes, l’école aussi. On perçoit les filles qui assument leur cheveux frisés comme libres.

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J’étais fière de dire: ben oui bien sûr que je suis libre , sauf qu’ il y avait quelque chose de tordu dans leur interprétation de la liberté et le lien avec mes cheveux. si j’étais libre parce que j’assumais la personne que j’étais avec les cheveux que j’avais, eux me sexualisaient car je gardais mes cheveux « sauvages » disaient ils , leur perception était pétrie de préjugés de fantasmes exotiques mais aussi de racisme.

J’étais pourtant juste une gosse de 14 ou 15 ans , j’ai lutté longtemps contre les recommandations à me faire défriser , ces incessantes invitations qui pour certaines partaient d’une « bonne intention » même si je trouvais ça absurde et d’autres n’étaient pas des recommandations mais une forme de pression voire d’harcèlement, notamment dans le milieu professionnel.

Comment garder confiance en soi dans un milieu aussi hostile. Ils voulaient que je me défrise pour donner une bonne image de moi. Donc donner une bonne image de soi c’est torturer la nature même de ses cheveux pour ressembler à ce que nous ne sommes pas.

Je suis bien trop en colère pour faire une intervention vidéo aujourd’hui mais je la ferai sans doute demain.

Je parlerai de cette forme de racisme et autres violences que nous subissons.

Aujourd’hui je dénonce ce directeur de ce lycée qui brime et qui violente une élève pour sa nature de cheveux.

Solidaire avec cette jeune lycéenne qui a été humilié par un pseudo proviseur qui se prend pour une hafafa pour djedj a3rab

Enta proviseur machi 7afafa ya si l’moudir (Tu es proviseur pas coiffeur Monsieur le Directeur, NDLR)

Sofia Djama, Le 20 novembre 2020


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