Le Berbère banni, Joe, le Mick Jagger algérien souffre en silence !

La Presse rapporte que les appels lancés sur les réseaux sociaux pour soutenir le chanteur engagé Chaoui, Djamel Sabri, dit Joe, commencent à donner leurs fruits.

« Nous lançons une cagnotte au profit de Djamel Sabri, dit Joe, leader charismatique du groupe Chaoui les Berbères, qui fait face à une maladie oculaire grave. Nous précisons de prime abord que cette initiative n’émane pas de l’intéressé́, mais d’un groupe de fans, touchés par l’état de santé du rebelle Chaoui et de l’indifférence quasi générale dans laquelle il affronte sa maladie », expliquent les initiateurs d’une cagnotte pour récolter des dons destinés au fondateur du groupe les Berbères.

Selon eux, les « éventuels et souhaitables dons se feront donc dans cet esprit humaniste et militant, dont nous sommes redevables envers cette figure emblématique du combat berbériste dans les Aurès ».

Joe, le banni de l’idéologie officielle !

Les initiateurs rappellent que l’auteur de la célèbre chanson « Yemma El Kahina » a été « banni par l’idéologie officielle en raison de son franc parler et son attachement viscéral à sa langue et culture berbères ». Il est ainsi mis loin des feux de la rampe pendant plusieurs années. Mais sans pour autant céder d’un iota sur ses principes et son attachement à son identité.

Quand Farid Alilat parle de Joe…

L’auteur et journaliste Fard Alilat écrit sur sa page facebook :

« Notre ami Djamel Sabri, dit Djo, musicien, chanteur et âme du groupe chawi « Les Berbères, soufre de problèmes de santé. Étant démuni », Djo a besoin d’une prise en charge médicale, d’une aide financière et de soutien quelqu’en soit la forme. J’ai fait la connaissance de Djo en 1991 lors d’un reportage à Batna. Depuis, nous nous sommes retrouvés à Batna, à Oum El Bouaghi, chez lui, dans son local de musique avec les potes de groupe ou ailleurs. J’ai de l’estime, de l’affection, du respect et de la gratitude pour Djo pour mille et une raison. Djo, avec son groupe, a beaucoup apporté à la musique chawi en la faisant sortir des montagnes des Aures. Djo est un gars à la fois engagé, explosif, volcanique, doux, attentif et très curieux. Je me souviens d’un soir en 1992, dans un miteux hôtel à Oum El Bouaghi, où il a passé la nuit à m’expliquer les textes de ses chansons, Al Bachtola, Al Machina ou encore Achach Amelal. Djo a besoin d’aide maintenant. Ne le laissons pas tomber. Maya la, mayala, mayala, yela Djo. »  

Bio-Express

Joe, de son vrai nom, Djamel Sabri est natif de la ville de Oum El Bouaghi. Né en 1958, il a aujourd’hui 62 ans. De grands parents chanteurs, Joe a un arrière-grand-père qui était compagnon de Aïssa Djermouni.

En 1980, il forme le groupe Les Berbères. En 1981, le groupe est invité à chanter à l’université de Constantine. El Hadj Tayeb, le parolier du groupe insiste pour que toutes leurs chansons soit en langue chaoui.

Bien que le chef du parti unique de l’époque tente d’obliger Djamel Sabri à chanter en arabe, ce dernier ne cède pas et continue de chanter en chaoui.

En 1989, il sort son 2e album Bachtola (pistolet) qui coïncide avec les événements du 5 octobre 1988 en Algérie, cet album porte le même nom d’un tube qui raconte l’histoire d’un homme qui veut défier la tribu de sa bien-aimée avec son pistolet, une histoire racontée dans les Aures. Avec cet album, il passe à la télévision national ou il se fait connaître sur tout le territoire national1. Il est considéré de nos jours comme le « pionnier du rock chaoui ».


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