Polémique – Héritage en Kabylie : Il y a 13 siècles, la Reine Dihya répondait aux arabes d’Algérie / Par Kateb Yacine

« Le seul Dieu que nous connaissons. On peut le voir et le toucher : La terre libre d’Amazigh ! »

La Reine Dihya

Alors que la société algérienne s’enfonce dans le charlatanisme. Que la population se baigne en mer avec ses vêtements. Que les activités humaines les plus basiques comme le cinéma, la musique ou la danse, sont stigmatisées en société. Que la consommation d’urine de chamelle devient banale dans plusieurs régions du pays… Les regards se focalisent ces deniers jours sur la Kabylie. Plus particulièrement sur une pratique, pourtant largement abandonnée, mais qui reste toutefois en vigueur dans certains villages : l’exclusion des femmes de l’héritage.  

Origine de cette pratique…  

Les historiens expliquent que vers le 16e siècle, toutes les tentatives armées ottomanes pour entrer dans le territoire de Kabylie s’étaient soldées par des échecs. Ils tentèrent alors la ruse,  en mariant des hommes turcs à des femmes kabyles. Ils s’accaparaient ainsi de leurs terres héritées qui finissaient par être transmis aux héritiers suivant la filiation de l’homme (devenant de facto une terre ottomane).

Pour y faire face, les populations ont alors décidé d’exclure les femmes de l’héritage des terres. Une loi largement inspirée par les paroles transmises de générations en générations, d’une des figures phares de la résistances Amazigh contre les invasion arabo-musulmanes qui ont débuté au 7e siècle : La Reine Dihya, entrée dans l’histoire sous le nom de La Kahina.

Dihya, la Kahina des Aurès / Kateb Yacine

(…)

DIHYA discute avec deux paysans….

PREMIER PAYSAN :

Si les Arabes avaient raison ?

SECOND PAYSAN :

Ne sont-ils pas les hommes de Dieu ?

PREMIER PAYSAN :

Les Juifs et les Chrétiens

Ne croient-ils pas aussi

En un seul Dieu unique ?

DIHYA :

Toutes ces religions qui n’en sont qu’une Servent des rois étrangers.

Ils veulent nous prendre notre pays.

Les meilleures terres ne leur suffisent pas.

Ils veulent aussi l’âme et l’esprit de notre peuple.

Pour mieux nous asservir, ils parlent d’un seul Dieu.

Mais chacun d’eux le revendique Exclusivement pour lui et pour les siens.

Ce Dieu qu’on nous impose, de si loin par les armes, n’est que le voile de la conquête.

Le seul Dieu que nous connaissons.

On peut le voir et le toucher :

Je l’embrasse devant vous.

C’est la terre vivante.

La terre qui nous fait vivre…

La terre libre d’Amazigh !

(…)

Extrait de la guerre de deux milles ans / Kateb Yacine


En sortant de Kabylie… Les arabes d’Algérie


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Create a website or blog at WordPress.com Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :