“Interdiction de réprimer les non-jeûneurs !” : L’Arabie Saoudite décide d’appliquer le verset 184 d’“Al BAQARA”

L’Arabie Saoudite est revenu sur une obligation qui jusque-là était passible de prison et de coups de fouets : Le jeûne du Ramadhan.

Une obligation qui semble être mise sur la table du débat dans le monde musulman ces dernières années. Certains penseurs et chercheurs en Islam, comme l’islamologue Said Djabelkhir en Algérie, mettent en avant le caractère non-obligatoire mentionné dans le verset 184 de Sourate AL-BAQARA (LA VACHE en français).

Ainsi, dans une note rapportée par le site Algérie Patriotique, destinée aux différents commissariats et «parties concernées» dans toutes les régions du royaume, le ministre saoudien de l’Intérieur a instruit les forces de sécurité de ne pas s’en prendre aux non-jeûneurs qui sont désormais autorisés à ne pas s’astreindre au rituel du Ramadhan.

Selon la note du ministre, l’instruction émane de l’homme fort du régime wahhabite, Le prince héritier Mohamed Ben Salman, appelé communément MSB.

Contenu de la note

«En application des directives du prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et des résolutions du Conseil des ministres, il a été décidé de ne pas porter atteinte à toute personne qui ne jeûne pas ouvertement ou secrètement durant tout le mois du Ramadhan, et ce, par respect aux droits de l’Homme tel que prescrit par Allah, eu égard aux valeurs humanistes et morales, et en concordance avec la nouvelle vision du royaume et son aspiration au progrès et à la prospérité, ainsi qu’à l’élévation de la culture de notre noble société, pour toutes ces raisons, toutes les précédentes décisions sont annulées et sont remplacées par celle-ci», lit-on dans la note adressée par le ministre de l’Intérieur, Abdelaziz Ben Saoud.

Dans la logique des changement opérés par MBS…

Cette mesure prise par le gouvernement saoudien fait suite à une série de changements opérés par le prince héritier dans le royaume. Des réformes insufflées par le jeune prince aux prérogatives illimitées et qui s’inscrivent dans une perspective d’abandon de la doctrine wahhabite et d’ouverture de la société saoudienne à la modernité.

Mohamed Ben Salaman a commencé à sortir la société saoudienne de son enfermement dans des dogmes rigides en autorisant les femmes à conduire, en organisant des concerts de musique et en incitant les Saoudiens à se défaire d’un certain nombre de pratiques archaïques.

Algérie, Turquie et les autres…

Selon le site, il serait plausible de penser que d’autres États musulmans pourraient suivre l’exemple de l’Arabie Saoudite dont les décisions à caractère religieux sont souvent perçues comme une fatwa applicable par toute la communauté musulmane de par le monde, bien que des pays, comme la Turquie, pourtant gouverné par un parti islamiste, l’AKP de Tayyip Recep Erdogan, n’imposent pas le jeûne en raison du caractère laïc du régime.

En Algérie, le site rappelle que « le non-respect du jeûne en public est réprimé, bien qu’il n’existe aucune loi qui astreigne les personnes à ce rituel. Des tentatives de briser cette obligation implicite sont lancées par-ci par-là par des Algériens qui dénoncent une atteinte aux libertés individuelles et collectives, mais elles demeurent timides ».

 Un Tunisien non-jeûneur parle…


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