187 DA, L’Euro en chute libre au Port Said… Conjoncturelle ou dans la durée ? Les cambistes expliquent…

Dans un marché complètement à l’arrêt, ou presque, l’euro se négocie à 187 dinars à la vente et à 185 dinars à l’achat, alors que le dollar est échangé contre 170 dinars à la vente et 168 dinars à l’achat.

C’est ce que confie un cambiste au quotidien Liberté qui rapporte l’état des lieux au niveau du marché de la devise square Port Said. Plusieurs d’entre eux disent avoir suspendu leur activité en raison des taux de change actuels, jugés peu rémunérateurs.   

Pourtant si certains imputent cette morosité du marché à une volonté des pouvoirs publics de mettre le holà au marché de la devises illégal, mais toléré depuis toujours par les autorités, les raisons avancées sont toutes autres.

Les cambistes expliquent, en effet, que si l’activité s’est fortement repliée depuis fin février, les raisons sont entièrement imputables aux « mesures de lutte contre la propagation de la pandémie de coronavirus, dont la fermeture des frontières aériennes et maritimes, ont entraîné une chute du marché informel des changes ».

Ainsi, la demande se limite ces dernières semaines à quelques transactions opérées par des détenteurs de capitaux en dinar, animés par l’envie de thésauriser en monnaies étrangères, sur fond de spéculations quant à aux velléités d’une dévaluation du dinar. “En tout cas, ils sont rares les cambistes qui proposent de changer des devises avec les taux actuels, car, forcément, la vente se fera à perte. À moins que l’acheteur propose d’importantes sommes et qu’il soit disposé à négocier”.

“Les cambistes limitent leur activité à acheter des devises à des taux faibles en attendant la reprise. Bien évidemment, ceux qui achètent les devises en temps de crise vont, soit les thésauriser par manque de confiance en la monnaie nationale, soit pour les revendre lorsque la vie normale reprendra son cours”, explique Merouane, cambiste au square Port Saïd.

Les prévisions….

Le marché pourrait se resserrer davantage dans le cas où le scénario d’une dépréciation (perte de valeur) plus prononcée du dinar venait à se vérifier.

En effet, une nouvelle dépréciation de la monnaie nationale pour faire face à la crise serait à l’étude, ce qui serait un moyen pour augmenter les recettes en dinar de la fiscalité pétrolière et rendre plus onéreuses certaines importations.

Ces bruits d’une nouvelle dépréciation ne sont d’aucune incidence sur le marché informel en l’état actuel des choses, mais ils pourraient, demain, faire basculer les taux vers des mouvements haussiers. Certes, le marché réagit beaucoup à l’effet psychologique, en témoigne son emballement à l’annonce d’un retour à l’importation des voitures de moins de trois ans, mais, de tradition, c’est le principe de l’offre et la demande qui fixe les taux. 


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