“Nous avons versé 198 M€ de pots-de-vin” : ENI enfonce Chakib Khelil et Farid Bedjaoui !

Dans sa décision annulant les poursuites pour corruption contre le groupe Eni et sa filiale Saipem pour avoir versé la somme de 198 millions d’euros de pots-de-vin aux dirigeants algériens pour l’obtention de sept marchés, la SEC (Securities ans Exchange Commission), l’autorité financière fédérale américaine qui dépend du département de la Justice, a émis un véritable réquisitoire qui enfonce l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Khelil et celui qui est désigné comme « son secrétaire particulier », Farid Bejaoui. Ce dernier est directement accusé d’avoir joué le rôle d’intermédiaire pour l’obtention des marchés en contrepartie du paiement de pots-de-vin.

Ainsi, le quotidien El Watan dans son édition de ce lundi 20 avril, rapporte que dans son exposé, la commission a commencé par rappeler qu’entre 2007 et 2010, Saipem avait signé un contrat avec «un intermédiaire» pour obtenir des marchés auprès de Sonatrach qu’elle a payé alors qu’il «n’a rendu aucun service légal», et présenté «faussement» ces paiements comme honoraires de courtage légaux dans les dossiers consolidés par Eni.

198 Millions d’Euros pour 7 Marchés…

Sur l’implication directe de Chakib Khelil, la commission a expliqué : «Au début de 2006, la direction de Saipem a pris contact avec l’intermédiaire, bien introduit dans le milieu politique algérien, pour avoir des marchés en Algérie. Dans les réunions avec la direction de Saipem, le ministre de l’Énergie algérien de l’époque (Chakib Khelil, ndlr), a présenté l’intermédiaire (Farid Bedjaoui, ndlr) comme son secrétaire personnel, et comme quelqu’un qu’il considérait comme un ‘fils’.

Suite à ces conversations, Saipem et certaines de ses filiales ont signé au moins quatre contrats avec l’intermédiaire et l’ont payé, conformément aux factures, pour des services qu’il n’a jamais rendus.»

Pour la commission, «l’intermédiaire n’a rendu aucun service légal à Saipem. En fait, il été habilité à fournir les services consulting dans le secteur de l’énergie techniquement complexe et n’a aucun employé ou bureau en Algérie. Il avait juste un ‘bureau virtuel’ à Genève, en Suisse, et comme personnel un seul individu».

Et de préciser : «Saipem a payé environ 198 millions d’euros à l’intermédiaire, lequel a versé une partie de cet argent à des entités fictives et à des fonctionnaires algériens ou à leurs représentants, en incluant le ministre de l’Énergie à cette époque.»

L’autorité fédérale financière a affirmé, en outre, que Saipem a obtenu sept contrats en deux ans (2007-2009) auprès de Sonatrach, et déduit les versement effectués à l’intermédiaire de son revenu d’entreprise, taxable en Italie.

Pour le quotidien, il s’agit là d’une révélation importante, voire un acte d’accusation qui justifie amplement une demande d’extradition de Chakib Khelil, d’autant qu’il refuse de répondre aux convocations de la Cour suprême, lancées il y a quelques temps dans le cadre de la réouverture du dossier Sonatrach 2.

ENI paye 24,5 millions de dollars pour un règlement à l’amiable...

Rappelons que ENI était poursuivit aux États-Unis pour avoir violé l’acte de Pratiques anticorruption à l’étranger auquel le groupe est soumis du fait que ses Reçus de dépositaire américains (ADRs) sont cotés à la Bourse de New York. Enfin, la décision d’annuler les poursuites contre ENI s’est effectuée sur la base d’un règlement à l’amiable du paiement d’un dédommagement de 24,5 millions de dollars, le groupe ayant «anticipé sur la procédure de poursuite» en présentant «une offre» de règlement «sans admettre ou nier» les griefs retenus contre lui.


Sur le même thème :


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Create a website or blog at WordPress.com Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :