Une prison Daeshienne à Ghardaia… L’incroyable témoignage de Maître Dabouz !

« Un des gardes surveille la porte au moment de la prière du matin et leur crie: -Allez, levez vous ! C’est le moment de la prière-. J’avais le sentiment que la prison de Ghardaïa est géré par des Daechiens ».

Un détenu du Mzab

En prison, le directeur et le chef de la détention leur a retiré la « Chachia », le pantalon « Mazabi » et le papier hygiénique…

Lorsque Fekhar et Aouf ont demandé du papier hygiénique, on leur a dit: « Lavez-vous comme les algériens pour qui vous prenez vous… !! »

Les détenus ont ensuite été amenés dans une cellule, qui n’est en fait qu’une pièce étroite de 2 mètres carrés, avec une hygiène minimale, des moustiquaires dans lesquels il y avait divers insectes. « Une odeur de canalisation des eaux usées y régnait ». On les laissera là 10 jours, sans soins médicaux, alors qu’ils avaient entamé une grève de la faim pour cette détention arbitraire.

La nuit, les gardiens frappaient sur la porte de la cellule plusieurs fois par nuit, de sorte à les empêcher de dormir. Ils se moquaient d’eux en leur disant « Vous êtes en vie.. !!!? »

Un des gardes surveille la porte au moment de la prière du matin et leur crie: « Allez, levez vous ! C’est le moment de la prière ». « Ce qui a amené l’un d’eux à me dire qu’il avait le sentiment que la prison de Ghardaïa est géré par des Daechiens ».

Leur situation n’a jamais changé, jusqu’à ce que leur santé soit en danger.

A l’hôpital de Tirichine … Bienvenue à Daesh Land !

Après que leur état de santé se soit beaucoup détérioré, ils ont été hydratés au sérum et transférés à l’hôpital de Tirichine le 28 avril. Ils présentaient des symptômes de fièvre élevés, des tremblements, des maux de tête et une augmentation des palpitations cardiaques.

Ils ont ensuite été admis à l’hôpital, dans une chambre carcérale où j’ai moi-même vu du vieux sang sec sur le sol. La pièce était un véritable nid d’insectes, dont le nombre se multipliait par dizaines pendant la nuit. Les détenus disposaient de deux lits sales. J’ai personnellement vu un Matelas, posé là, retiré à Aouf un jour ou deux auparavant, sur lequel j’ai remarqué des traces de liquides, même d’insectes et beaucoup de saleté… 

Les deux détenus revivent les mêmes scènes vécues en prison: une négligence totale et un manque cruel en soins, pendant 12 jours. Ils ne se nourrissaient que par le sérum et leur dossier médical était perdu plusieurs fois jusqu’à ce que le Dr Kameleddine Fakhar soit à moities paralysé après une très grave crise de nerf. Il en a eu la main gauche toute bleu, et le syndicaliste Haj Brahim Aouf a souffert d’une anémie.

Ils ont dû débrancher le sérum de leurs bras, pour protester contre la négligence dont ils sont victimes, déclarant qu’il préférait la mort au traitement dégradant qu’il recevait.

A ce moment là, le Dr Kamaleddine Fakhar avait été transféré dans le pavillon des urgences, mais les infirmiers n’appliquaient pas convenablement le traitement, surtout le soir et durant la nuit. Ce qui a rendu le traitement inutile et chaque fois que les deux détenus demandaient aux gardiens d’appeler les infirmières, la réponse était: « on est pas ici pour vous servir, mais pour vous garder ».

Haj Brahim Aouf et Kamaleddine Fakhar, ont l’impression de mourir en silence à l’hôpital, à cause de l’influence de certains fonctionnaires malintentionnées, qui contrôlent de nombreux services, des autorités locales, et même des médecins.

La minorité Amazigh Ibadite, cette ethnie à exterminer !

Selon les détenus, ce personnel a une étroite relation avec ceux qui ont joué un rôle direct dans leur arrestation. Ils ont le sentiment que cela s’adresse en particulier à la minorité Amazighe Ibadite de Ghardaïa.

La preuve étant les poursuites engagées contre des Mzabis uniquement à cause de leurs commentaires sur les réseaux sociaux, sans aucune plainte de la part de supposées victimes. Exactement comme cela s’est passé le 9 juillet 2015, lors de l’arrestation de Kamaleddine Fakhar, sur ordre du même procureur général, qui avait ordonné son arrestation et l’arrestation de tous ceux qui pourraient être avec lui, sans avoir précisé leur identité.

Les détenus demandent donc à être transférés vers n’importe quel autre hôpital, tout comme ils ont demandé à ce que leurs dossiers de justice soient délocalisés vers une autre juridiction.

Maitre Salah Dabouz, Avocat des détenus du Mzab, Le 13 Mai 2019

Parmi les commentaires qu’on peut lire sur le Net :

« On tourne le dos à nos frères de Ghardaia. On les laissent subir seuls les arrestations arbitraires et l’harcèlement judiciaire. Puis on les blâmera demain s’ils demandent leur autonomie ».

Un internaute

Lire aussi : URGENT : Maître Salah Dabouz arrêté à Alger !

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