20 avril 2001 : Les 4 dernières phrases de Massinissa GUERMAH…

« Papa, je ne sens plus mes pieds. Papa, est-ce que je peux encore marcher ? Papa, je ne sens plus mes jambes. Papa, ils m’ont tué ».

Beni Douala, mardi 18 avril, 18h30. 

Quatre personnes, arrivées à bord d’une Renault Laguna, se présentent au siège de la brigade de gendarmerie pour porter plainte pour agression et vol contre des jeunes d’un quartier situé prés du lycée, à 200 mètres en contre bas.

Le chef de brigade ordonne à trois gendarmes de se déplacer sur les lieux pour s’enquérir de la situation. Plutôt que de s’y rendre à bord de leurs véhicules de service, ils s’engouffrent dans la Laguna pour établir le constat.

Dans le petit appartement de la famille Guermah, Massinissa révise ses courts en prévision des examens du bac. Lorsqu’il entend des cris venant de l’extérieur, il sort en compagnie de sa mère pour s’enquérir de la situation.

Sur place, les gendarmes coursent des jeunes du quartier. Meraket Koceïla est le premier à être interpellé. Il est conduit à la brigade. Ensuite, c’est autour de Massinissa d’être interpellé pour rejoindre Koceïla dans les bureaux de la gendarmerie.

Il est presque 19 heures. Les deux jeunes hommes attendent d’être présentés au chef de la brigade. Merabet Mestari un des gendarmes qui a participé à l’interpellation de Massinissa et de Koceïla est dans la salle d’attente. Son arme, une Kalachnikov, est accrochée à son épaule droite, le cran de sureté levé, balle au canon.

Vendredi 20 avril 2001.

« Papa, je ne sens plus mes pieds. Papa, est-ce que je peux encore marcher ? Papa, je ne sens plus mes jambes. Papa, ils m’ont tué ».

Il est 08 h 15 quand Guermah Massinissa, rend l’âme dans les bras de son père, à l’hôpital Mustapha Bacha d’Alger. Opéré dans la soirée, le jeune homme âgé de 19 ans, n’a pas survécu à ses graves blessures…

Sa mort sera le prélude à une révolte qui embrasera la Kabylie pendant plusieurs jours et qui fera 128 tués, des centaines de blessés et traumatisés, notamment par des viols perpétrés par de gendarmes Algériens…

Une épuration ethnique programmée dés l’indépendance du pays en 1962 qui est passée à partir de cette date de l’idéologie à la liquidation physique.


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